Un chercheur en cybersécurité a documenté une vulnérabilité touchant l’implémentation Wi-Fi de Broadcom, présente dans de nombreux routeurs depuis des années. L’attaque, démontrée sur plusieurs box belges, peut être déclenchée à portée du réseau sans connaître la clé Wi-Fi. Des références associées à Orange et SFR apparaissent aussi dans ses relevés effectués à Paris, mais l’exposition réelle des abonnés français reste à confirmer.
Une attaque possible à portée du Wi-Fi, sans clé réseau
Le point d’entrée se situe dans le traitement du WPS, le mécanisme prévu pour simplifier l’association d’un appareil à un réseau Wi-Fi. Dans ses travaux présentés à Hexacon le 16 octobre 2026, Quentin Kaiser explique que la faille peut être exploitée sans disposer du mot de passe du réseau et sans aller au bout d’une procédure WPS normale.
Dans un article publié sur son site personnel, le chercheur indique que cette vulnérabilité est liée à une implémentation propriétaire de Broadcom présente dans son SDK 802.11 depuis au moins 2010. Elle permettrait, selon ses tests, une fuite d’informations contrôlée et une exécution de code arbitraire sur certains équipements concernés.
La portée de l’attaque reste physiquement limitée : l’assaillant doit se trouver dans la zone de couverture Wi-Fi de la box, par exemple à proximité du logement. Ce n’est donc pas une compromission à distance depuis Internet, mais le scénario reste sensible pour des équipements grand public installés en masse.
Trois opérateurs belges touchés dans la démonstration
Les preuves les plus précises concernent la Belgique. Quentin Kaiser affirme avoir démontré la présence et l’exploitation de la vulnérabilité sur des équipements utilisés par Proximus, VOO et Orange Belgium. Les modèles cités incluent notamment des BBOX, des routeurs Netgear, Technicolor ou Askey selon les opérateurs.
Le chercheur écrit qu’au 15 octobre 2026, les appareils affectés qu’il a testés n’étaient pas corrigés. Il précise aussi que Broadcom aurait connaissance du problème depuis 2018, avec un correctif jugé incomplet sur certaines plates-formes et une recommandation de migration vers une autre solution logicielle pour d’autres cas.
Broadcom n’est pas un opérateur télécom, mais ses composants et logiciels sont intégrés par de nombreux fabricants de routeurs et de box. C’est ce qui rend l’inventaire difficile : un même bloc logiciel peut se retrouver dans des équipements vendus sous des marques différentes, parfois avec des versions de firmware très éloignées.
Orange et SFR cités à Paris, sans confirmation pour les abonnés
Le volet français est plus prudent. Les relevés mentionnés autour de Paris font apparaître des références associées à des box Orange et SFR qui pourraient ne pas être corrigées, dont des modèles de la famille Livebox et des box SFR. À ce stade, cela ne suffit pas à établir que les abonnés français sont effectivement exposés dans les mêmes conditions que les équipements testés en Belgique.
Le dépôt Broadcom 802.11 SDK Detection Toolkit publié par le chercheur sert à identifier des points d’accès utilisant l’implémentation Broadcom visée. La liste qu’il contient est présentée comme non exhaustive et comme un outil de tri, pas comme une confirmation automatique d’exploitation pour chaque box repérée.
Pour Bouygues Telecom et Free, les éléments disponibles ne permettent pas d’affirmer que des box actuellement distribuées en France sont touchées. L’absence de mention confirmée ne vaut pas non plus garantie définitive, compte tenu de la diversité des matériels et des versions logicielles utilisées par les opérateurs.
En attendant une éventuelle communication des opérateurs ou des fabricants, la mesure la plus importante pour les abonnés reste de laisser leur box recevoir ses mises à jour automatiques et de ne pas désactiver les mécanismes de sécurité fournis par défaut. Toute conclusion plus précise devra dépendre de confirmations techniques modèle par modèle.



