Xavier Niel aurait encore renforcé sa position dans Vodafone. Après l’accord portant sur la participation de 16,2 % du groupe émirati e&, le fondateur de Free aurait poursuivi ses achats d’actions via sa société Vega. Son exposition totale approcherait désormais 6,3 milliards d’euros, avec une participation estimée juste sous les 20 % du capital de l’opérateur britannique.
Près de 6,3 milliards d’euros engagés
L’opération autour de Vodafone prendrait une ampleur plus importante que celle annoncée initialement. Xavier Niel avait déjà prévu de reprendre les 16,2 % détenus par e& dans l’opérateur britannique, pour environ 5,1 milliards d’euros. Cette transaction reste toutefois soumise aux autorisations réglementaires nécessaires.
Mais le mouvement ne se limiterait pas à ce bloc d’actions. D’après La Lettre de L’Expansion, l’homme d’affaires aurait continué à acheter des titres Vodafone en Bourse au cours de l’été, par l’intermédiaire de Vega. Ces acquisitions supplémentaires représenteraient un peu plus d’un milliard d’euros.
En cumulant ces achats avec l’accord conclu avec e&, l’investissement total avoisinerait 6,3 milliards d’euros. Xavier Niel détiendrait ainsi entre 19,5 % et 20 % du capital de Vodafone, ce qui en ferait un actionnaire de tout premier plan, même sans contrôle majoritaire.
Une OPA serait toujours écartée
Cette montée au capital ne signifierait pas pour autant une offre publique d’achat sur Vodafone. L’hypothèse d’une OPA serait toujours exclue à ce stade. Le schéma évoqué reste celui d’une participation minoritaire importante, susceptible de donner du poids dans les discussions stratégiques sans déboucher sur une prise de contrôle directe.
Le dossier reste donc à suivre avec prudence. La partie la plus structurante de l’opération, le rachat des titres d’e&, dépend encore des feux verts réglementaires. Tant que cette étape n’est pas finalisée, la position exacte de Xavier Niel dans Vodafone reste conditionnelle.
Un poids accru dans la stratégie européenne de Vodafone
Si cette participation se confirmait, elle pourrait compter dans un secteur européen des télécoms déjà marqué par les consolidations, les arbitrages d’actifs et la pression sur les marges. Vodafone reste un acteur majeur, présent sur plusieurs marchés, et ses choix stratégiques sont observés de près par ses concurrents.
Pour Xavier Niel, l’enjeu ne serait pas lié directement à Free ou aux abonnés français. Aucun changement commercial n’est annoncé pour les clients de l’opérateur. Le sujet se situe plutôt au niveau de l’influence actionnariale : gouvernance, allocation du capital et orientations de Vodafone dans certains pays, dont l’Allemagne, pourraient devenir des points d’attention.
Le fondateur d’Iliad a déjà montré son intérêt pour les grands équilibres du marché télécom européen, au-delà de la France. Avec une part proche de 20 %, il disposerait chez Vodafone d’un levier significatif pour faire entendre sa position, sans être en situation de décider seul.