Le projet de cession d’une grande partie des actifs de SFR à Bouygues Telecom, Iliad-Free et Orange entre dans une phase sociale décisive. La procédure d’information-consultation des représentants du personnel s’ouvre ce mercredi 24 juin au siège de l’opérateur, à Balard, sur fond d’inquiétude pour les salariés qui ne seraient pas repris directement.
2 692 salariés transférés, près de 5 000 maintenus dans SFR SA
D’après la Tribune, 2 692 collaborateurs de SFR, sur un effectif d’un peu moins de 8 000 personnes, seraient transférés directement chez les trois repreneurs lors de la vente effective. Bouygues Telecom en accueillerait 2 404, notamment les salariés rattachés à SFR Business. Orange reprendrait 238 salariés liés aux marques mobiles Coriolis, Syma et Réglo Mobile, tandis qu’Iliad récupérerait les 50 salariés de Red by SFR.
À ce périmètre s’ajouteraient environ 500 salariés du réseau de distribution, associés aux 120 boutiques reprises sur environ 300 points de vente. Le reste des effectifs, soit près de 5 000 salariés, serait regroupé dans SFR SA. C’est précisément cette structure qui concentre les critiques des syndicats Unsa com et CFDT, majoritaires chez SFR.
Les syndicats dénoncent une visibilité limitée
Abdelkader Choukrane, secrétaire général d’Unsa com et délégué syndical central de SFR, estime auprès de la Tribune que « 60 % des salariés ne savent pas ce qu’ils vont devenir ». Il critique une garantie de maintien de l’emploi jusqu’en janvier 2029 qu’il juge temporaire, plutôt que véritablement stabilisatrice à long terme.
La CFDT partage cette inquiétude pour les salariés appelés à rester dans SFR SA, qui pourraient se retrouver dans une situation d’attente prolongée. Les organisations syndicales s’interrogent aussi sur les garanties offertes aux salariés transférés et sur le devenir de filiales exclues du périmètre de la vente, dont ATS, dont les techniciens travaillent essentiellement pour SFR.
Les repreneurs défendent leurs garanties d’emploi
Bouygues Telecom, Iliad et Orange affirment de leur côté ne pas vouloir organiser une réduction massive des effectifs ni créer deux catégories de salariés. Les engagements présentés prévoient que la garantie de maintien de l’emploi jusqu’en janvier 2029 couvre soit le maintien dans le poste actuel, soit une proposition de poste auprès de l’un des trois opérateurs. Ces points doivent être au centre des échanges avec les représentants du personnel.


