Audiovisuel public : YouTube, TikTok et Meta pourraient être mis à contribution

Le Sénat prépare une réforme de l’audiovisuel public avec une possible contribution de YouTube, TikTok et Meta. Les recommandations sont attendues en octo…

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Un groupe de travail du Sénat prépare une réforme de l’audiovisuel public qui pourrait faire contribuer davantage les grandes plateformes numériques. YouTube, TikTok ou Meta sont cités parmi les acteurs susceptibles d’être mis à contribution, tandis que les sénateurs écartent l’hypothèse d’une privatisation de France Télévisions ou de Radio France. Les recommandations définitives sont attendues en octobre.

YouTube, TikTok et Meta pourraient payer une contribution spécifique

Le Sénat veut rouvrir le dossier de l’audiovisuel public en partant d’un constat devenu central : une part croissante de l’attention, de la publicité et de la consommation vidéo se déplace vers les plateformes numériques. Dans ce contexte, une contribution spécifique visant les grands services en ligne figure parmi les pistes étudiées.

La mesure concernerait des acteurs comme YouTube, TikTok ou Meta, sans que les contours précis du dispositif soient encore connus. Aucun taux, aucune assiette et aucun mécanisme de collecte n’ont été détaillés à ce stade. Il s’agit donc d’une orientation de travail, et non d’une réforme arrêtée.

Pour les utilisateurs, l’enjeu dépasse le seul financement des chaînes publiques. Les contenus d’information et de divertissement sont désormais consultés aussi bien depuis une télévision raccordée à une box internet que depuis un smartphone ou une application vidéo. Une contribution imposée aux plateformes modifierait l’équilibre entre médias publics, chaînes traditionnelles et services en ligne, sans que ses effets concrets sur l’accès aux contenus soient encore établis.

France Télévisions et Radio France échapperaient à la privatisation

Le groupe de travail sénatorial, piloté par les sénateurs Les Républicains Cédric Vial et Max Brisson, ne reprend pas l’idée d’une privatisation de France Télévisions ou de Radio France. D’après Le Monde, les deux élus ont dévoilé un prérapport consacré à cette réforme, en réponse aux débats déjà ouverts à l’Assemblée nationale.

Le travail mené au Sénat s’inscrit après plusieurs mois d’auditions. Une quinzaine de responsables du secteur auraient été entendus afin d’évaluer les pistes possibles. Les sénateurs disent privilégier une méthode plus consensuelle que celle associée à la commission menée à l’Assemblée nationale par le député Charles Alloncle, dont les travaux avaient suscité de fortes tensions.

La réforme envisagée ne viserait donc pas à sortir l’audiovisuel public du champ public, mais à revoir ses missions et son organisation. Les économies de fonctionnement font partie des objectifs mentionnés, avec l’idée de recentrer les moyens sur les priorités éditoriales et les usages actuels.

Franceinfo pourrait gagner du poids dans l’information publique

Parmi les orientations évoquées figure aussi un renforcement de Franceinfo. La chaîne et l’offre d’information publique occupent une place particulière dans un paysage où les usages se fragmentent entre télévision linéaire, TNT, sites d’actualité, réseaux sociaux et applications vidéo.

Le sujet est sensible pour les opérateurs de télévision comme pour les plateformes. Franceinfo est disponible sur les canaux classiques, mais aussi via les box internet et les supports mobiles. Toute évolution de ses moyens ou de son rôle peut donc avoir des conséquences sur la manière dont l’information publique est distribuée et mise en avant auprès des abonnés internet et mobile.

À ce stade, les propositions restent en préparation. Le calendrier annoncé renvoie à des recommandations définitives en octobre. D’ici là, le débat devrait porter sur trois points principaux : le périmètre des missions de l’audiovisuel public, la recherche d’économies internes et la place financière demandée aux plateformes numériques dans un marché où elles captent une part majeure des usages vidéo.