Cinq ans après son arrivée sur le marché télécom des entreprises, Free Pro revendique plus de 100 000 entreprises clientes. Une progression rapide sur un segment longtemps verrouillé par Orange et SFR, où l’opérateur mise sur des offres fixes et mobiles plus simples et moins chères.
100 000 clients en cinq ans
Lancé en 2021, Free Pro a repris une partie des codes qui ont fait la réputation de Free auprès du grand public : une grille tarifaire resserrée, une promesse de simplicité et une offre combinant fibre et mobile. Le cap des 100 000 entreprises clientes, évoqué dans un entretien accordé aux des Echos, marque une étape importante pour une activité encore jeune.
La dynamique s’est d’abord construite auprès des TPE et des PME. En août 2023, Free Pro revendiquait déjà 40 000 entreprises clientes. Depuis, l’opérateur a élargi son audience, avec un intérêt croissant de grands comptes, d’entreprises du CAC 40 et d’administrations.
Une pression tarifaire sur Orange, Bouygues et SFR Business
Free Pro s’appuie notamment sur la Freebox Pro, facturée 49,99 euros HT par mois hors promotion après la première année, avec une ligne mobile 5G incluse et un accès fibre pouvant atteindre 8 Gb/s. Des forfaits mobiles professionnels peuvent aussi être ajoutés, ce qui permet à l’opérateur de se positionner frontalement face aux offres d’Orange Business, de Bouygues Telecom et de SFR Business.
Cette percée intervient dans un contexte sensible pour le marché entreprises, alors que l’avenir de SFR Business dépend aussi des évolutions autour de SFR. Pour les clients professionnels, l’arrivée d’un acteur plus agressif contribue à remettre sous tension les prix et la lisibilité des offres.
Le mobile, point de vigilance face aux MVNO
La progression de Free Pro ne doit toutefois pas masquer un point de vigilance : sur le mobile professionnel, la concurrence ne se limite pas aux grands opérateurs historiques. Des acteurs plus spécialisés, comme Netcom ou Luvimobile, se montrent très offensifs sur les prix, le service client et les outils de gestion des lignes. Certains s’appuient sur les réseaux d’Orange, de SFR ou de Bouygues Telecom, ce qui peut rassurer des entreprises pour lesquelles la couverture, la qualité des appels et la continuité de service restent décisives.
C’est un sujet sensible pour Free Pro. Si l’opérateur dispose d’un positionnement tarifaire très attractif, le mobile professionnel exige davantage qu’un forfait compétitif. Les entreprises attendent des appels fiables, une bonne couverture dans les zones d’activité, les transports ou les sites moins bien desservis, ainsi que des espaces de gestion adaptés aux flottes mobiles et aux grands comptes. Sur ces critères, les MVNO et opérateurs B2B spécialisés peuvent venir gêner Free Pro, surtout lorsqu’ils promettent une expérience plus personnalisée ou des outils plus aboutis pour les responsables télécoms.
Une fibre très compétitive, un mobile encore à consolider
En fixe, la situation est plus favorable à Free Pro. Le rachat de Jaguar Network a renforcé l’opérateur sur les services aux entreprises, en particulier dans la fibre, l’hébergement, la connectivité et les services managés. Sur ce terrain, l’offre apparaît solide, lisible et compétitive, notamment pour les TPE, PME et organisations qui cherchent à réduire leurs coûts sans sacrifier les débits.
Le mobile reste en revanche un terrain plus exigeant. La fiabilité des appels, la qualité de couverture et les outils de gestion pour les comptes professionnels pèsent lourd dans les arbitrages des entreprises. Free Pro a donc franchi un cap commercial important, mais il lui reste à convaincre durablement sur l’ensemble de la chaîne de valeur mobile, là où les concurrents historiques comme les acteurs alternatifs disposent encore d’arguments solides.


