Xavier Niel aurait encore renforcé sa position dans Millicom, opérateur luxembourgeois très implanté en Amérique latine. Via Atlas Investissement, sa holding personnelle, le fondateur de Free détiendrait désormais près de la moitié du capital, malgré l’échec de son offre publique d’achat en 2024.
Le mouvement confirme une stratégie suivie depuis plusieurs années : investir dans des opérateurs télécoms hors du périmètre direct d’Iliad, maison mère de Free en France. Après Monaco Telecom ou Eir en Irlande, Millicom constitue l’un des dossiers internationaux les plus importants de Xavier Niel.
46,7 % du capital via Atlas Investissement
D’après La Lettre de l’Expansion, Atlas Investissement détiendrait désormais 78,3 millions d’actions Millicom, soit 46,7 % du capital. Cette montée au capital ferait suite à l’achat d’environ 1,25 million d’actions à la mi-juin.
L’investissement n’est pas nouveau. Xavier Niel serait entré au capital de Millicom en 2022 avec une participation d’environ 7 %. Il aurait ensuite progressivement augmenté sa position, jusqu’à devenir l’un des acteurs centraux de l’actionnariat du groupe.
Cette progression intervient malgré l’échec de l’OPA tentée en 2024. Atlas Investissement n’a donc pas pris le contrôle total de l’opérateur, mais sa participation actuelle placerait Xavier Niel dans une position d’influence majeure au sein du groupe.
Millicom, un opérateur clé en Amérique latine
Millicom est un groupe télécoms basé au Luxembourg, connu pour ses activités dans plusieurs marchés d’Amérique latine. L’entreprise opère notamment dans le mobile et l’internet fixe, deux segments stratégiques dans des pays où la demande en connectivité reste élevée.
Pour Xavier Niel, l’intérêt de Millicom ne se limite donc pas à une prise de participation financière. Le dossier s’inscrit dans une logique plus large d’exposition à des marchés télécoms internationaux, distincts des activités commerciales de Free en France, mais cohérents avec son parcours d’investisseur dans le secteur.
Millicom aurait aussi retrouvé une dynamique plus favorable après des efforts de désendettement et de réduction des coûts. Cette amélioration a contribué à renforcer l’attrait du groupe pour ses actionnaires, dans un contexte où les opérateurs cherchent à préserver leurs marges tout en finançant leurs réseaux.
Une stratégie parallèle à Iliad et Free
Cette opération ne change rien, à ce stade, pour les abonnés Free Mobile ou Freebox en France. Elle concerne la holding personnelle de Xavier Niel et non une offre commerciale d’Iliad destinée au marché français.
Elle éclaire en revanche le poids croissant du fondateur de Free dans les télécoms mondiaux. À côté d’Iliad, présent en France, en Italie et en Pologne, Xavier Niel continue de construire un portefeuille international d’actifs télécoms, avec des participations dans des opérateurs installés sur des marchés très différents.
Le cas Millicom illustre cette double approche : d’un côté, un opérateur grand public comme Free sur ses marchés historiques ; de l’autre, des investissements ciblés dans des groupes étrangers où la transformation financière et opérationnelle peut créer de la valeur.


