L’Espagne prépare un durcissement inédit des obligations imposées à une partie des opérateurs télécoms. Après le black-out qui a touché la péninsule ibérique en 2025, le gouvernement veut inscrire dans un futur décret royal une autonomie minimale de quatre heures pour les sites mobiles, afin de préserver les communications essentielles lors d’une coupure électrique majeure.
4 heures d’autonomie pour les opérateurs de plus de 500 000 clients
Le projet a été annoncé le 25 juin 2026 par le gouvernement espagnol, il vise les opérateurs et gestionnaires d’infrastructures qui desservent plus de 500 000 utilisateurs ou réalisent plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.
Si le texte est adopté comme prévu avant la fin de l’année, ces acteurs devront être capables de maintenir une couverture mobile pendant au moins quatre heures en cas de panne d’électricité. L’objectif n’est pas d’imposer une technologie unique : les opérateurs pourraient s’appuyer sur des batteries installées sur les antennes-relais ou sur d’autres systèmes d’alimentation de secours.
La mesure ne serait pas appliquée en une seule fois. Le déploiement prévu s’étalerait sur trois ans, avec une couverture de 50 % de la population la première année, 65 % la deuxième, puis 75 % à la fin de la troisième année. Le gouvernement espagnol cherche ainsi à renforcer progressivement la continuité de service, sans exiger une couverture immédiate de l’ensemble du territoire.
Des centres réseau tenus 12 à 24 heures sans électricité
Le futur dispositif ne concerne pas seulement les antennes mobiles. Les centres intermédiaires de gestion du réseau devraient pouvoir fonctionner pendant 12 heures sans alimentation électrique. Les centres de contrôle les plus critiques, dont la défaillance pourrait affecter l’ensemble du pays, seraient soumis à une exigence plus élevée encore : 24 heures d’autonomie.
Les centres d’appels d’urgence devraient aussi intégrer des moyens de communication de secours dans leurs plans de résilience. Cette dimension est centrale, car une panne mobile ne prive pas seulement les abonnés d’Internet ou de messagerie : elle peut aussi compliquer l’accès aux services d’urgence et la coordination des secours.
Le black-out du 28 avril 2025 a servi de déclencheur
Cette réforme tire directement les leçons de la panne du 28 avril 2025, qui avait privé la péninsule ibérique d’électricité pendant environ douze heures. Les antennes-relais avaient alors continué à fonctionner jusqu’à l’épuisement de leurs réserves, avant de tomber progressivement, fragmentant l’accès aux communications mobiles.
Le rapport final des experts européens mandatés par Bruxelles, publié en mars 2026, a attribué l’incident à plusieurs causes liées à la régulation de la tension, et non à la production renouvelable, contrairement à certains récits apparus après la panne.
En France, aucune obligation comparable n’existe aujourd’hui. Orange indique dans sa documentation publique qu’une coupure électrique de plus de 20 minutes peut suffire à interrompre le service mobile, même sur un réseau équipé de batteries de secours sur certaines antennes. Le choix espagnol met donc en lumière un enjeu très concret pour les abonnés : la capacité du réseau mobile à rester disponible quand l’électricité ne l’est plus.


